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Vendredi 21 août 2026

Complètement à la nasse

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Le journal Pages de gauche publie des articles indigestes, non seulement en raison de leur contenu obsessionnellement idéologique, mais aussi et surtout en raison de l'usage tout aussi obsessionnel du langage inclusif – qui permet de remplir rapidement toute une page avec fort peu de substance, mais qui rend aussi la lecture kafkaïennement illisible.

Dans l'édition de l'été 2026, on y trouve en page 2 une chronique de Mme Mathilde Marendaz, bien connue du grand public pour ses nombreuses frasques (Frasques de gauche ferait un bon titre pour cette publication). Elle y dénonce avec une touchante théâtralité les violences policières qu'elle et ses camarades ont endurées à Genève lors de la manifestation anti-G7. Elle évoque la fameuse «nasse» dans laquelle ont été retenus les manifestants qui refusaient d'obéir aux injonctions de la police, nasse «qui a encerclé plusieurs centaines de promeneuses·eurs, manifestant·e·s pacifiques, employé·e·s d'une buvette et organisatrices·eurs légales·aux de la manifestation […]».

On met davantage de temps à déchiffrer ce charabia qu'à lire quinze pages A4 en gothique Sütterlin ou en slavon liturgique (taille 8 points). Et l'on retient seulement que cette nasse était pleine de trices·eurs.

Mais ensuite, emportée par son élan, Mme Marendaz cite «le témoignage d'Alexandre, roué de coups au visage par un escadron de policiers en civil […]». Euh… comment? des… «policiers»? C'est tout? Pourquoi cette soudaine tentative d'invisibilisation du personnel féminin des forces de l'ordre?

En fait, l'écriture inclusive n'inclut que les gens qu'on ne déteste pas. Les autres, on les exclut, et ça se comprend. Ce n'est pas parce qu'on écrit dans Pages de gauche qu'on ne conserve pas quelques réflexes traditionnels.

(Le Coin du Ronchon, La Nation n° 2312, 21 août 2026)