Au four ou au turbin?
On entend parfois dire que les militants du PLR n’ont pas d’idées. Hélas, parfois, ils en ont quand même. A mi-février, les Jeunes PLR ont voulu se moquer des opposants à l’imposition individuelle. Pour mémoire, l’imposition individuelle, sur laquelle les Suisses se prononcent ce dimanche 8 mars, est une revendication «progressiste» consistant en un chamboulement législatif énorme dont la seule utilité est de punir fiscalement – parfois très lourdement! – les couples jugés trop traditionnels, où l’épouse n’est pas salariée à plein temps. Les militants juniors du parti progressiste-radical ont donc réalisé de fausses affiches suggérant que les opposants à cette mauvaise action voulaient remettre «les femmes aux fourneaux».
Si l’on en croit la presse, les opposants à l’imposition individuelle ne se sont pas formalisés de cette plaisanterie un peu ridicule. Bien. Mais si eux aussi avaient eu quelques idées, ils auraient aisément pu – et cela aurait été jouissif – se gausser symétriquement de cette pseudo-droite qui veut mettre les femmes à l’usine; qui veut les faire travailler, parce que gérer un ménage, voyez-vous, ce n’est pas du travail; qui veut empêcher les femmes de s’occuper de leur foyer, car il y a des femmes de ménage pour cela, et de s’occuper de leurs enfants, car il y a des mamans de jour pour cela; et qui veut en l’occurrence les détourner de leurs fourneaux, parce que les fourneaux n’existent plus dans les appartements modernes, où la nourriture arrive par des livreurs de pizzas immigrés et mal payés.
C’est une grande déception et un grand paradoxe que de constater à quel point les gens de gauche (ou apparentés), qui ne rient généralement de rien, réussissent à mettre les rieurs de leur côté, tandis que le camp conservateur, malgré la facilité de la tâche, néglige de ridiculiser les sottises de ses adversaires.
(Le Coin du Ronchon, La Nation n° 2300, 6 mars 2026)