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vendredi 15 avril 2005

Les jeunes des villes et les jeunes des champs

Il fut une époque où la campagne vaudoise se sentait oubliée et délaissée par les gens de la capitale. Heureux temps désormais révolu. Aujourd'hui, on apprend dans les journaux que les «yos» des banlieues lausannoises délaissent leurs quartiers pour se rendre en bande dans les fêtes de jeunesse de l'arrière-pays, cassant tout sur leur passage, mettant à sac les villages et affrontant la police à coups de pierres.

On notera que ce phénomène, quoiqu'il ne soit pas cautionné par l'officialité, s'inscrit pleinement dans la ligne socialiste de la politique vaudoise actuelle: les riches doivent payer pour les pauvres, ceux qui n'ont pas de problème doivent apprendre à partager le quotidien des défavorisés, et ceux qui ont vécu en paix jusqu'ici doivent maintenant payer les pots cassés à la place de ceux qui ont laissé se développer les problèmes. L'extension des bastons urbaines vers les zones rurales constitue donc, en quelque sorte, une mesure péréquative spontanée visant à réduire les inégalités les plus choquantes en faisant appel à la solidarité des communes privilégiées. En même temps qu'une mesure de répartition optimale des nuisances dans le cadre d'une politique autogérée d'aménagement du territoire. Et sachant que ces «petits sauvageons» se déplacent le plus souvent en transports publics, on ne devrait pas craindre de les considérer comme de véritables ambassadeurs de la «mobilité douce»...

Il faudra sans doute engager quelques spécialistes en communication pour expliquer cela aux jeunes de la campagne qui, par manque d'information, refusent de considérer ces aspects positifs et s'obstinent à croire encore à des plaisirs qu'aucune crainte ne corrompt.

(Le Coin du Ronchon, La Nation du 15 avril 2005)