Métro M2: un investissement utile pour le Canton
La capitale vaudoise ambitionne depuis des années de prolonger la ligne du métro Lausanne-Ouchy vers le nord. Aujourd'hui, un projet a abouti et se trouve prêt à être mis en chantier. L'investissement cantonal étant soumis au référendum financier obligatoire, les Vaudois sont appelés à se prononcer à ce sujet le 24 novembre.
L'utilité de renforcer la desserte du nord de la ville par les transports publics n'est guère contestée. Le choix de diriger la nouvelle ligne vers Vennes plutôt que vers la Blécherette résulte, semble-t-il, d'un calcul de rentabilité, de la volonté de mieux desservir le quartier des hôpitaux et de la possibilité de construire un important parking d'échange à proximité de l'autoroute. Le choix du système de transport et du matériel roulant a été fait selon des critères qui n'ont pas toujours été très clairs et qui ont divisé les techniciens eux-mêmes, mais qui ne sont plus remis en cause au stade actuel.
Le futur métro M2 butte en revanche sur des écueils qui ne lui sont pas directement imputables, à savoir l'état des finances vaudoises et les relations entre le centre et la périphérie du canton.
Certaines régions se sentent en effet injustement négligées, et malgré le slogan "Un métro pour le canton", leurs habitants seront tentés de refuser un investissement destiné à la capitale et dans lequel ils ne voient aucun intérêt. Les reproches adressés à l'Etat quant à sa politique régionale sont, hélas, souvent fondés. En l'occurrence, il est tout de même justifié de dire qu'un accès facilité au cœur de Lausanne sera profitable à tous les Vaudois. En outre, il serait juste de rappeler que le Canton a aussi dépensé beaucoup d'argent en faveur d'autres trains régionaux.
Quant à l'aspect financier, il porte sur un crédit cantonal de 305,5 millions de francs (sur un coût total de 590 millions). Contesté par des députés de droite, ce crédit est en revanche approuvé par les milieux économiques. Le redressement des finances vaudoises doit en effet être obtenu par une réduction des dépenses de fonctionnement, et non par une limitation des investissements, lesquels sont utiles à l'économie et à l'attractivité du canton. Or, tandis que les charges courantes ne cessent d'augmenter, les investissements annuels de l'Etat de Vaud restent faibles. Si l'on considère que la construction du métro M2 rapportera quelque 400 millions de francs à des entreprises vaudoises, et que le succès du métro M1 (TSOL) laisse espérer une bonne rentabilité de la nouvelle ligne, on peut consentir à la dépense qui nous est proposée tout en maintenant la pression sur l'Etat pour qu'il réduise ses coûts généraux.
Nous voterons donc OUI.
(La Nation n° 1692, 1er novembre 2002)